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Derrière les tombeaux, les émeutes


L'Egypte n'est pas à feu et à sang mais des signes avant-coureurs montrent qu'il est urgent que le gouvernement égyptien prenne mieux en compte les besoins de sa population: après les émeutes du pain, des accrochages ont eu lieu vendredi à Louxor contre les expropriations destinées à améliorer l'environnement des sites touristiques.



Derrière les tombeaux, les émeutes
Des centaines d'habitants ont manifesté Vendredi à Louxor contre les expropriations destinées à débarasser la ville des constructions modernes. Le projet est de "faire de Louxor un musée à ciel ouvert", mais les conséquences sociales sont réelles. Des violences ont éclaté, selon des témoins, lorsque la police a empêché les manifestants de pénétrer dans le temple de Karnak, l'un des plus célèbres sites de l'époque pharaonique. Des protestataires ont jeté des pierres aux forces de l'ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et arrêté 13 personnes. "Je suis né dans la maison où j'habite aujourd'hui, et mon grand-père ainsi que mon père y ont vécu", argumente l'un des expropriés, Mohammed Abdel-Radi. "Les logements proposés par le gouvernement à certains de mes amis ne sont pas bons et la somme d'argent est trop faible", se plaint aussi Nabawi Mohammed Khalil. Le gouvernement veut pouvoir engager de nouvelles fouilles et éliminer les logements modernes, pour transformer la plus grande partie de Louxor en musée. Difficile cohabitation entre deux préoccupations tout aussi légitimes: la survie des familles qui veulent sauver leur bien et un pays qui souhaite valoriser son patrimoine pour attirer toujours plus de touristes, sa première source de devises.

L'Egypte était déjà très agitée ces dernières semaines par les émeutes du pain. La hausse du prix de la farine et des matières premières provoquent une augmentation du prix du pain insupportable pour les familles les plus pauvres... 20% des 76 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Le pain traditionnel, à la fois plat et rond, constitue l'élément de base du repas en Egypte. Les pénuries de pains subventionnés, vendus moins d'un centime d'euro pièce, entraînent la formation de longues files d'attente devant les boulangeries et, fatalement, des violences dans les quartiers les plus déshérités. Ces dernières semaines, au moins sept personnes ont trouvé la mort en attendant d'acheter leur pain. Selon la police, deux ont été tuées à l'arme blanche lors de rixes entre clients, les autres sont mortes d'épuisement. Pendant ce temps les touristes, ignorants de la réalité de la vie égyptienne, défilent devant Pharaon.

Annie Fave
af@ecriteo.com