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Hôtels et casinos, le duo gagnant


« Nous avons deux jambes pour marcher », résume Dominique Desseigne, Président du Conseil de Surveillance de Lucien Barrière Hôtels et Casinos. En fait ce sont 4 métiers qu’il exerce : casinos, hôtels, restauration et loisirs-bien-être, et dont il est devenu un acteur majeur avec quelques 7500 collaborateurs. Un seul sujet : le client !



Les chiffres donnent le tournis : 37 casinos, 15 hôtels, 1200 spectacles annuels, plus de 90 restaurants et 3 golfs, pour un chiffre d’affaires en 2006 de 1,194 milliards d’euros. Le groupe Lucien Barrière Hôtels & Casinos se développe tous azimuts, avec en point d’orgue l’ouverture l’an dernier du Fouquet’s Barrière. Un vaisseau amiral qui revendique l’étiquette de Palace avec une adresse exceptionnelle, au coeur du triangle d’Or de Paris : 107 chambres dont 40 suites décorées par Jacques Garcia, mêlant style Empire et Art Déco, affirmant l’art de vivre à la française. Il connaît depuis un taux d’occupation de 75%, séduisant une grande majorité de clients étrangers, notamment américains. Parallèlement le groupe a développé aux portes de Paris un véritable Resort à Enghien les Bains, avec deux hôtels, un casino, un théâtre à l’italienne, un centre de bien-être (le Spark) et des thermes, sept restaurants accompagnés d’un centre de conférences et de séminaires. Et il enchaîne, avec le doublement en cours du prestigieux Majestic, à Cannes, après avoir racheté les locaux de la banque de France (décoration Pascal Desprez, ouverture prévue 2010).

Un développement spectaculaire
Pas question de rester dans les frontières françaises : implanté en Europe avec ses casinos (en Suisse, en Belgique, à Malte), le groupe a lancé ses filets de l’autre côté de la Méditerranée. Il a ouvert cet été le casino El Jezirah dans l’étage loisirs du Sofitel du même nom, au Caire. L’un des établissements les plus luxueux de la capitale égyptienne, implanté sur l’île situé au milieu du Nil, au cœur du Caire. Et surtout il développe un complexe hôtelier de luxe à Marrakech, baptisé « Fouquet’s Barrière Marrakech ». Sur un emplacement en plein centre de la médina, 26 000 m2 consacrés à un hôtel de 86 suites, un bar lounge, un restaurant Fouquet’s, une piscine et un spa (plus de 8000 m2) sans oublier 30 ryads de prestige de 3 à 7 chambres, dotés chacun d’une piscine privative. Les propriétaires pourront en confier la gestion locative à Lucien Barrière Hôtels et casinos. On murmure que le groupe s’intéresse à Tanger. On lui prête des projets en Italie.

Le jeu, une activité assumée
Pas question pour le groupe de rougir d’une activité lucrative, assumée et en plein développement. Elle se conjuge d’ailleurs parfois au luxe puisque le projet en cours du casino de Lille comprend, de façon intégrée, 9000 m2 consacrés aux machines à sous et tables de jeux mais aussi un hôtel 4* (140 chambres dont 19 suites), une salle de concert modulable et un pôle restauration dont un restaurant dit « grande carte ». Au centre du quartier phare d’Euralille, le groupe vise la clientèle du Nord de la France et au-delà, du Nord de l’Europe. Le casino provisoire ouvre en novembre, pour une ouverture définitive au premier trimestre 2009. S’arrêter là ? Pas question : le casino théâtre de Toulouse vient d’ouvrir ses portes sur l’île du Ramier avec 4 restaurant (dont un Fouquet’s) ; le projet du casino de Blotzheim part à la conquête de la clientèle de l’Est et de ses frontières suisse et allemande (ouverture 2ème semestre 2008). Le groupe étend son maillage européen et n’entend pas en rester là : « Il faut trouver des relais de croissance », explique Dominique Desseigne en souriant.

Trois questions à Dominique Desseigne

Le groupe Barrière est en pleine expansion mais brouille un peu les pistes avec son foisonnement: hôtellerie un peu classique mais chic à Deauville ou La Baule, développement dans le casino, un palace à Paris, un resort à Enghien…Aujourd’hui, comment définissez vous votre groupe ?
Nous ne brouillons pas les pistes, nous avons deux activités, et nous multiplions les projets pour assurer un développement équilibré et pérenne. Le groupe a une histoire. Nous avons un développement rapide et c’est vrai que nous sommes plus visibles dans le casino depuis que nous avons décidé d’intégrer Accor Casinos pour devenir le premier en France dans cette activité (ndlr: en 2004). Nous avons bien sûr ouvert sur les Champs Elysée, nous avons aussi développé Enghien qui est devenu une station en soi, mais nous gardons aussi et nous renouvelons en permanence les établissements anciens du groupe pour maintenir notre image de groupe de luxe à la française. Nous avons deux jambes pour marcher, c’est solide, et tout cela est cohérent en terme de services aux clients.

A l’international, Marrakech est en construction, une escale au Caire vient d’ouvrir (casino intégré à un Sofitel). D’autres ambitions ?
C’est l’occasion qui fait le larron ! Notre groupe s’est beaucoup développé ces dernières années, le projet de Marrakech est très ambitieux et nous devons faire attention à nos fonds propres. Mais nous sommes ouverts à toutes les opportunités. Pour l’heure ce qui nous intéresse, c’est de développer les projets que nous avons en cours. Le projet de Cannes, avec le doublement du Majestic, et puis le dossier de Lille qui est magnifique, avec un projet de casino intégré dans la structure hôtelière. C’est unique. J’y crois beaucoup et nos équipes sont concentrées sur ce dossier. Mais pourquoi pas d’autres idées ? Nous avons prouvé que nous étions réactifs aux appels d’offres et aux opportunités. Nous avons maintenant deux marques bien installées que nous pouvons développer, Barrière et Fouquet’s et il faut trouver des relais de croissance. Dans nos deux activités, hôtellerie et casinos.

Coté Casino, Lille est le projet phare actuellement, est-ce que l’activité de casinotier, avec son image « machines à sous » pas toujours valorisante, est compatible avec le positionnement Luxe de votre hôtellerie ?
L’image pas toujours très bonne des casinos, ce n’est pas nous qui la provoquons. Dès que la télévision ou le cinéma veulent donner un peu de souffre ou de suspens à l’histoire, ils y mettent du casino, du Las Vegas. Mais c’est une activité très réglementée, nos actionnaires sont très vigilants, nous respectons les règles très scrupuleusement et tout est parfaitement transparent. Nous avons deux activités qui se complètent et croyez-moi, les conseils d’administration sont au fait, dans le détail, de ce que nous faisons. Le soufre, ce n’est pas de notre côté qu’il faut le chercher, mais du côté du cinéma !

Propos recueillis par Annie Fave

Bio Express
Dominique Desseigne a repris le flambeau du groupe en 1995 après le terrible accident d’avion qui a cloué son épouse Diane, héritière du groupe, dans un fauteuil roulant. Officiellement patron en 1997, il reste à sa tête après le décès de son épouse en 2001 et gère au nom de lui même et de ses enfants Alexandre et Joy un patrimoine familial qui compte une participation de 51% dans le le groupe Lucien Barrière SAS mais aussi plus de 65% de la Société Fermière du Casino Municipal de Cannes. Fiancé un temps en 2002 de la richissime libanaise Mouna Ayoub, il partage depuis 2006 la vie de Sophie Desmarais, fille du Québécois Paul Desmarais (une des plus grosses fortunes mondiales). On lui prête pour amis proches Nicolas Sarkozy, Jean Todt et Philippe Bouvard.

Article publié en "Revue de détail" dans vacances de Luxe n°4 Décembre 2007