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Quel avenir pour le transport aérien en Afrique ?


Quel avenir pour le transport aérien en Afrique ? Telle est la question que pose le 1er African Airlines Forum, qui réunit les 6 et 7 avril 2006 à Bamako des décideurs de compagnies aériennes, des représentants des aéroports et des autorités de l’aéronautique civile de tous les pays africains.
Deux semaines seulement après la publication de la liste noire européenne, qui interdit 83 compagnies africaines dans le ciel européen, ce rendez-vous prend un certain relief. Les experts et les principaux acteurs de l’industrie du transport aérien débattront des solutions et des synergies qu’il faut, d’urgence, mettre en place pour assurer la sécurité et la fiabilité des appareils ainsi que la viabilité des entreprises.
Le 1er African Airlines Forum est organisé à Bamako par le REAO-Mali, le Réseau de l’Entreprise en Afrique de l’Ouest, une association professionnelle, et APG, une association d’entreprises spécialisées dans le service aux compagnies aériennes. Entretien avec Jean-Louis Barroux, président d’APG et organisateur de ce rendez-vous.



Quel avenir pour le transport aérien en Afrique ?
RFI : Pourquoi organiser un tel Forum en Afrique, et pourquoi maintenant ?

Jean-Louis Barroux : Tout simplement parce qu’il a été demandé par les Africains ! Nous organisons tous les ans, en octobre, un rendez-vous similaire en France, le Cannes Airlines Forum, et cela fait 3 ans que nous sommes sollicités par nos partenaires maliens pour qu’un forum identique se déroule à Bamako, et nous répondons à leur demande. Nos partenaires considèrent qu’il faut parler du transport aérien chez eux comme on en parle ailleurs. En Afrique, c’est un mode de transport déterminant, beaucoup plus déterminant même que dans nos pays européens, il n’y a aucune raison que ces sujets ne soient pas traités.

RFI : Le transport aérien en Afrique c’est à peu près 3% du trafic mondial mais environ 28% des accidents d’avion en 2005, selon l’OACI, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale. Qu’est-ce qui fait à votre avis qu’il y ait de tels résultats et une si mauvaise réputation ?

Jean-Louis Barroux : Il ne faut pas s’y tromper il y a eu quelques excès dans certains pays. Si je ne m’abuse, le président du Nigeria a fait récemment beaucoup de ménage dans son administration. On dit qu’au Congo cela va se passer de la même façon. Le système qui permet de contrôler le transport aérien dans le monde est géré par l’OACI, organe de l’ONU, et la mise en oeuvre opérationnelle des contrôles est déléguée aux différents Etats. Il faut reconnaître que certains Etats ne se sont pas mis à la hauteur de leur tâche. Probablement ces choses-là vont changer (ndlr : L’assemblée générale de l’OACI qui vient d’avoir lieu à Montréal a décidé de mettre sur Internet d’ici 2008 les résultats des audits effectués dans les différents pays et chacun va être obligé de les réaliser et de les assumer). Personne ne peut jouer avec la sécurité, en Afrique pas plus qu’ailleurs, et les Etats qui sont défaillants doivent se remettre à niveau.

RFI : Selon vous c’est un manque de moyens ou le détournement de certains moyens ?

Jean-Louis Barroux : Je ne pense pas vraiment que ce soit un manque de moyens. Disons que c’est un certain laxisme par rapport à une certaine fatalité, mais ce n’est pas parce qu’on est en Afrique que le laxisme doit être récompensé !

RFI : Est-ce qu’il y a un manque de professionnalisme en Afrique ?

Jean-Louis Barroux : Je ne crois pas. Je crois que les Africains connaissent le métier aussi bien qu’ailleurs, je crois qu’ils connaissent les techniques aussi bien qu’ailleurs, beaucoup d’ailleurs ont été formés dans les universités européennes, américaines ou autres et ils ont tout à fait le niveau technique. Mais comme on peut imaginer, le laxisme l’emporte parfois sur le professionnalisme qu’ils peuvent avoir. Il est urgent, il est bon et il est sain que les Africains mettent en place plus leurs connaissances que leurs comportements.

RFI : L’African Airlines Forum a pour objectif de faire prendre conscience de la situation ou d’essayer d’impulser quelque chose ?

Jean-Louis Barroux : C’est le premier, et donc on parle de prise de conscience. Après, les autres années, nous verrons comment nous pouvons entrer en profondeur. Mais si déjà, lors de ce premier rendez-vous, il y a une prise de conscience qu’on ne peut pas laisser les choses dériver, que tous les éléments sont en place pour que le transport aérien africain soit de bon niveau, non seulement sur le plan technique mais également sur le plan commercial, sur le plan de la distribution, sur le plan de la circulation de l’argent, si cette prise de conscience est faite et que les années suivantes, on puisse refaire (ce qui est prévu) cette conférence pour renforcer tel ou tel aspect de la question, je crois que ce sera très utile.

Propos recueillis par Annie Fave
jeudi 6 avril 2006, par www.rif.fr, repris par Journalchretien.net