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Taxes aériennes: la bouteille à encre!


La compagnie aérienne affiche l’aller-retour pour Nice à 36 euros, mais la facture finale atteint 98,34 € en bas de l’écran d’internet. La différence ? Des taxes, qui varient d’un aéroport à l’autre et alourdissent singulièrement le poids du voyage. Explications de ces taxes non comprises.



Alors que la France fait campagne pour instaurer une taxe sur les billets d’avion pour financer l’aide au développement, une « Opération Vérité » est lancée depuis le mois d’octobre par l’Uccega, l’Union des Chambres de Commerce Gestionnaires d’aéroport. Une campagne ambitieuse, avec brochures de 4 pages distribuées aux passagers dans les aéroports régionaux, pour exprimer un ras-le-bol réel : « Nous sommes accusés en permanence de matraquer le passager », explique Claude Terrazzoni, le président de l’UCCEGA, « Mais sur un Paris-Marseille qui affiche 53,89€ de taxes, seulement 12% revient réellement au gestionnaire de l’aéroport. Le reste est réparti entre l’état et les compagnies aériennes ». Une explication s’impose !

Des lettres à traduire

Même si vous avez la chance de gagner un billet d’avion gratuit, vous n’échapperez pas aux différentes taxes : tous les passagers les paient sauf le personnel de bord, les agents de sécurité et les enfants de moins de deux ans. Ce sont pas moins de 4 taxes et redevances qui s’affichent sur un billet d’avion, avec des codes pour le moins mystérieux.
Le code QW ou QX correspond à la redevance payée par le passager financer l’investissement et le fonctionnement de l’aéroport. Cette redevance est perçue par la compagnie aérienne qui la reverse ensuite à l’aéroport. Elle varie suivant les plate-formes et les destinations : les vols domestiques(QW) paient des charges moins élevées que les vols internationaux (QX). Au départ de Marseille, la taxe est ainsi de 2,79€, alors qu’elle est de 4,19€ au départ d’Orly pour un vol domestique, mais de 7,95€ pour un vol international. Ce chiffre est une moyenne, car la redevance est calculée en fonction de l’aérogare, de la durée du roulage entre la piste et l’aérogare, de la taille de l’avion et de la durée de son stationnement, ou encore des infrastructures nécessaires pour embarquer ou débarquer les passagers (passerelles etc…). Dans ces conditions, les compagnies qui bénéficient de services moindres payent une redevance moins élevée, ce qui explique les économies réalisées par les compagnies low-cost. En accélérant leur rotations elles stationnent moins longtemps, et leur stationnement dans des aérogares de seconde zone leur permet généralement de négocier leur redevance.
A Paris, la taxe QW pourrait bien augmenter dans les prochains moins : Aéroports de Paris, qui a changé de statut, prépare en effet sa privatisation avec un plan pluriannuel d’investissements. Qui va, bien entendu, se traduire par une augmentation des taxes payées par les compagnies aériennes…donc par le passager. Pas de quoi fouetter un chat cependant : les compagnies protestent fort contre la hausse, mais pour un aéroport comme Orly, elle devrait avoisiner concrètement les 40 centimes d’euros par passager pour un vol domestique. Rien à voir avec les « surcharges carburants » qu’imposent les compagnies !
Le code YQ,qui figure sur le billet sous la ligne précédente, correspond précisément à ces surcharges perçues par les compagnies aériennes pour éponger une partie des hausses du kérosène. Les voyagistes et agences de voyage demandent aux compagnies aériennes de ne plus les faire apparaître sur les billets, estimant que le billet, pour plus de simplicité, devrait inclure cet élément. Le boulanger ne fait pas apparaître le détail du prix du lait dans le prix de sa baguette ! Avec les dernières surcharges imposées depuis la fin septembre, un vol long courrier coûte désormais 44 euros de plus qu'il y a 18 mois chez Air France et British Airways, 52 € de plus chez Lufthansa. Mauvais temps pour les voyageurs, et Air France affirme qu'il faudrait que le prix du baril retombe en dessous de 55 dollars pendant un mois entier pour que la nouvelle surcharge soit supprimée, ce qui n'a guère de chance de se produire.
Le code FR correspond à la taxe prélevée par l’état pour chaque vol au départ d’un aéroport français. Dite « taxe d’aviation civile », elle finance le fonctionnement de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) comme le contrôle technique des avions au sol, les infrastructures nécessaires au contrôle aérien, et le bureau enquêtes-accidents (BEA). Elle finance aussi le Fonds d’intervention pour les aéroports et le transport aérien (FIATA) dont le but est d’assurer l’équilibre des dessertes aériennes en France réalisées dans l’intérêt de l’aménagement du territoire. Ce qui signifie que des collectivités locales perçoivent des subventions du FIATA et les reversent ensuite à certaines compagnies qui assurent le maintien de telle ou telle autre ligne aérienne. Cette taxe est uniforme sur l’ensemble des aéroports français et s’élève à 4,48€ pour une destination européenne et à 7,6€ pour un autre vol international.
Le code XT, dernière ligne avant le prix total à payer, sert au financement des mesures de sûreté (contrôle des passagers et des bagages) et de sécurité (protection incendie et aviaire). Cette taxe fiscale est variable suivant les aéroports, mais plafonnée à 9,50€. Elle est perçue par l’état et reversée aux gestionnaires d’aéroports.

Taxes à calculer

Méfiez-vous des prix affichés sur des publicités : même si la loi l’interdit, ils sont souvent annoncés hors taxes. Les petites lignes qui suivent le prix d’appel doivent être lues dans le détail ! Un prix d’appel alléchant (et hors taxes) pour un séjour à Punta Cana, en République Dominicaine, se trouve ainsi surchargé d’une carte de tourisme (obligatoire, 14 euros), de taxes aéroports et redevances passagers obligatoires (+135€) et enfin d’une surcharge carburant (+50€). Au total, 199 euros qui s’additionnent au prix d’appel !
Petit détail qui a son importance : si vous avez raté votre avion, ou encore si vous avez renoncé à embarquer, la compagnie aérienne est tenue de vous rembourser toutes les taxes, redevances et surcharges, puisqu’elles ne sont dues qu’en cas d’embarquement. Les compagnies remboursent généralement sans trop rechigner, en revanche pour un billet réservé par un voyagiste opérant avec des charters, vous risquez de vous heurter à un véritable casse-tête !
Enfin une nouvelle taxe devrait s’ajouter aux autres ! La France et le Royaume-Uni pourraient appliquer dès le 1er janvier 2006 une nouvelle taxe destinée à financer l’aide aux développements des pays pauvres mais aussi à la lutte contre le sida dans le monde. Le Brésil, l’Allemagne, l’Espagne, le Chili et l’Algérie devraient également appliquer prochainement cette taxe de solidarité. Cette proposition du Président Chirac a été présentée à l’ONU en septembre dernier. Elle semble faire son chemin, et dans les prochaines années, plusieurs pays pourraient l’appliquer cette nouvelle taxe, selon une procédure qui doit être négociée en février 2006.

A SAVOIR

Les frais de service

Depuis le 1er Avril 2005, et ce n’est pas un gag, la plupart des compagnies aériennes ne rémunèrent plus les agences de voyage par le biais de commission. D’où la mise en place par les agences de « frais de service », puisqu’il faut bien, en effet, que quelqu’un paie leur travail. Et si ce n’est plus la compagnie aérienne, c’est le consommateur ! De leur côté les compagnies aériennes, pour ne pas fausser la concurrence, se sont engagé à faire également rémunérer la fourniture de billet par leurs propres agences ou par internet. Elles appliquent donc des frais varaibales selon le type de voyage, le prix et les conditions du billet ainsi que le lieu d’achat.